Aix 2005

Groupes

  • A. Sherril et Bill Une Fête d’anniversaire
  • B. Christine et Jill Portrait de Zobéide
  • C. David et Kevin Ménage à Trois
  • D. Dawn, Anna et Alisa Description de personnages et de lieux
  • E. Sharon Sites Web répertoriés
  • F. Kevin Sites Web répertoriés et classés

 

Une Fête d’Anniversaire

Sherril et Bill

M. Lully est tellement content aujourd’hui parce que c’est son anniversaire. C’est le 28 novembre. Il porte son plus beau costume en velours et en plus, sa chemise préférée en soie et en dentelle avec ses nouvelles chaussures. Il a les cheveux brun clair longs et bouclés et un visage ovale. Il attend avec impatience son anniversaire dans la Salle Sully et ses amis qui vont arriver dans un quart d’heure.

Le premier invité qui arrive au Louvre pour fêter M. Lully, c’est M. Bartholdi qui a la cinquantaine et qui est le plus âgé de tous. Il a le visage barbu accompagné d‘une grosse moustache. Son front semble dominant depuis que ses cheveux poivre et sel reculent. Il porte un costume noir et une chemise blanche avec un très joli ruban à pois orné d’un superbe nœud. Il a l’air très sérieux parce qu’il pense toujours à sa prochaine œuvre artistique. Il est très renommé comme sculpteur en France, mais aussi en Amérique. Deux cadeaux à la main - une bouteille de Veuve Clicquot et une petite œuvre qu’il a sculptée pour son très bon ami et à qui il veut faire une surprise - il entre dans une autre salle, la Salle Richelieu, pour les emballer afin que son ami ne les voie pas.

Et après lui, c’est Henri de Toulouse-Lautrec qui arrive. Comme il est petit ! Il a les jambes tellement courtes pour sa taille. Il porte un très joli chapeau en paille sur ses cheveux courts. Sa moustache est mince et sa barbe bien taillée. Pour mieux voir il porte des lunettes rondes en métal. Il ne porte pas de costume mais il porte une chemise blanche à manches longues, une cravate et un veston noirs. Il porte aussi un pantalon gris et blanc à carreaux et des chaussures bien cirées. Quant à son morale, il a des complexes à cause de sa petite taille. Issu d’une famille aristocrate, lui, cependant n’est pas snob. Il arrive avec un petit cadeau à la main pour son ami, M.Lully.

Le 6 juillet

En entrant dans le foyer du Louvre, Henri a remarqué la splendeur de ce magnifique ancien palais des rois : les murs qui sont couverts de grands tableaux extraordinaires ; les longs et grands couloirs éclairés par la lumière qui descend du toit vitré. Il entre, donc, dans la salle de fête et s’approche tout de suite de son ami, Jean-Baptiste qui est en train de jouer sa composition la plus récente au clavecin.

<< Salut, mon vieux ! Qu’est-ce que tu joues là ? >> lui demande-t-il.

Tout en jouant, il lève la tête et répond : Eh, ben, comme tu vois, je suis en train de composer quelque chose de nouveau pour une pièce de Molière.

Alors, finis vite ! Et que ça saute ! On est là pour fêter tes 40 ans, s’exclame Henri.

J-B : Ah, oui, tu as raison. Est-ce que tu as fait la connaissance de mon cher ami Auguste Bartholdi, par hasard?

H : Non, pas encore.

J-B : Dans ce cas, viens avec moi ; il nous attend dans la Salle Richelieu.

Tout à coup, ils entendent un grand bruit venant de la Salle Richelieu. Les deux hommes s’en vont courant à toute vitesse pour voir ce qui s’est passé.

Jean-Baptiste : Auguste, mon cher ami, qu’est-ce qui est arrivé ?

Auguste répond en pleurant : Ton anniversaire est maintenant ruiné. Je viens de casser ton cadeau sur lequel j’ai tant travaillé.

J-B : Ce n’est pas grave. Tu n’as pas ruiné mon anniversaire parce que je suis avec mes bons amis et que je me réjouis de vous revoir. A propos, tu connais Henri de Toulouse-Lautrec ?

Le 7 juillet

A : Ah… c’est celui dont tu m’as tant parlé ?

J-B : Oui, c’est lui. Et je voudrais vous présenter l’un à l’autre. Henri, je te présente Auguste. Auguste… Henri.

H : Enchanté.

A : Moi, de même.

J-B : Si on allait faire une promenade en bateau-mouche ?

A : Mais pensez-vous qu’il pleuvra ce soir ?

J-B : Je ne sais pas s’il pleuvra mais je téléphonerai au service météo ?

Donc, il compose le numéro et il écoute l’enregistrement. Ensuite, il a annoncé aux autres qu’il ferait beau, qu’il n’y aurait pas de vent. Par conséquent, tous les trois sont partis tout de suite pour faire leur promenade.


Le 11 juillet

H : Ecoute, Jean-Baptiste, est-ce que tu m’as dit que d’autres invités allaient se joindre à nous à la fin de notre promenade ?

J-B : Oui, en effet, la très jolie chanteuse, Joséphine Baker a téléphoné pour me dire qu’elle viendrait nous divertir avec sa fameuse danse de bananes. Elle va être accompagnée de son petit ami, le Marquis de Sade. On m’a dit qu’il aimait faire la fête et qu’il arrivait toujours avec un fouet à la main. Alors, voilà pourquoi il faut qu’on se dépêche pour les retrouver dans une heure devant le Moulin Rouge.

Henri lui demande pourquoi le Moulin Rouge ?

J-B lui répond que c’est le quartier où habite Joséphine. Alors, après avoir fait leur petite promenade en bateau-mouche, ils sont allés directement au Moulin Rouge où ils se sont mis à attendre l’arrivée de Joséphine et du Marquis.

Le 19 juillet

H : J’ai entendu dire que Joséphine et le Marquis de Sade se sont disputés récemment. Il s’agit d’un grand conflit ! Alors, s’ils arrivent ensemble et qu’ils soient de bonne humeur, j’en serai vachement surpris !

J-B : Je ne vais donc acheter que trois billets au cas où les deux autres ne viendraient pas.

A : Bonne idée ! J’ai très hâte de voir les nouvelles affiches d’Henri.

Après une demi-heure d’attente, ni Joséphine ni le Marquis ne sont arrivés. Du coup, J-B sort son portable afin de leur téléphoner. Joséphine a répondu en pleurant qu’elle ne pouvait pas faire sa fameuse danse à cause d’un grand manque de bananes. Son petit ami, le Marquis, s’est fâché alors qu’elle était en train de répéter son numéro ; il a vite sorti son fouet et a coupé toutes les bananes que portait Joséphine. Elle a continué en disant à J-B qu’elle avait cherché partout d’autres bananes mais qu’il n’y en avait plus à Paris. Que faire !

Le 20 juillet

J-B : Laisse tomber cette fameuse danse au Moulin Rouge, et sèche tes larmes, ma chère Joséphine. Quand la vie te présente des ennuis, il faut essayer de voir la vie en rose. Pourquoi ne prends-tu pas ces bananes <<fouettées>> et n’en fais–tu pas une mousse à la banane pour nous tous à l’occasion de mon anniversaire ?

Joséphine : Et voilà, mon vieux, tout est bien qui finit bien ! A tout à l’heure !

FIN


Portrait de Zobéide

Christine et Jill

Zobéide au teint basané, aux yeux grands verts et pénétrants et entourés par une cascade de cheveux noirs ondulés, est une beurette âgée de 16 ans qui vit avec sa famille dans une banlieue parisienne. Cette élève appliquée à l’esprit vif, a une soif d’indépendance et un désir de voir le monde. Elle préfère apprendre l’anglais à l’arabe et évidemment elle se trouve souvent en conflit avec la vie traditionnelle de ses parents algériens.

Le quartier de Zobéide
Nul quartier de Paris n’est plus crasseux que celui où est située la Cité des deux mosquées. En entrant dans l’immeuble délabré on sent une forte odeur d’urine qui pénètre les corridors. Près de l’ascenseur en panne, une brèche en zigzag traverse le mur où il reste des tags d’une autre époque.

Portrait de Paul
La tête couronnée de cheveux châtains bouclés, Paul regarde le monde à travers des lunettes rondes. Grand et mince, il a tendance à arrondir les épaules, à cause peut-être de tant d’heures passées sous le poids d’un sac trop chargé de manuels scolaires. En pliant sa jambe gauche sur le dossier de sa chaise, il se met à pianoter de ses longs doigts contre le bureau devant lui. Dans son armoire mi-ouverte, on voit des chemises soigneusement entassées, des pulls beige et gris, une pile de chaussettes blanches. Sur sa table de chevet quelques vieilles photos d’enfance rappellent les années passées loin de la capitale. Les murs tapissés d’affiches montrent Uma Thurmond préparant un coup d’épée contre son adversaire invisible, Che Guevara nous fixant d’un regard intense, Bob Marley souriant. Mais Paul, lui, ne sourit pas. La fin de l’année scolaire le met dans un état de désarroi ; il n’a rien de particulier à faire.

Courriel de Claire à Zobéide
Après quasiment deux mois sans nouvelle, j’ai reçu un mél hier soir juste après ton coup de fil. Devine qui c’était ? Paul, le garçon dont je t’ai parlé hier, celui qui prend ses études très au sérieux, un peu comme toi , n’est-ce pas ? Comment le décrire ? Grand, assez mince, doué pour la musique, bref, c’est quelqu’un qui pourrait t’intéresser.

Si on se rencontrait au café près de ton lycée samedi vers 17 heures ? Ça te va ? Appelle-moi le plus vite possible pour vérifier. Bisous, Claire

Courriel de Zobéide à Paul
Ecoute Paul. J’aimerais bien assister au concert mais sortir ce soir avec toi est hors de question. Tu vois, mon père, ayant été élevé en Algérie, est très traditionnel. Il n’a pas de perspective moderne du tout et trop souvent je me trouve coincée entre deux univers, deux mondes de valeurs opposées. En plus, papa peut être très dur en ce qui concerne le comportement de ses filles et même parfois intransigeant. En plus, le fait qu’il ne connaisse pas ta famille va le rendre mal à l’aise. Tu vois, mes parents essaient de vivre comme s’ils étaient là-bas à Alger au lieu de faire face à la réalité de la vie à Paris de nos jours. Peut-être qu’on peut trouver un moyen. Si ma sœur Samira, qui a dix-huit ans, m’accompagnait à la salle de concert, cela pourrait marcher. Je ne veux pas lui mentir mais je ferai tout mon possible pour y arriver. Dis-moi ce que tu en penses.

Courriel de Paul après la première rencontre entre lui et Zobéide : J’ai l’impression qu’il faut y aller doucement avec tes parents. Que des gens récemment arrivés à Paris puissent s’inquiéter pour leur fille ne m’étonne pas. Claire m’a prévenu que tes parents seraient peut-être un obstacle. Il faudrait que tu leur expliques qu’il s’agit d’un concert de musique classique dans le cadre du Festival d’Eté, et que mon maître de violon a déniché quelques billets à prix réduits pour ses meilleurs élèves. (Donc, pour moi, c’est à ne pas manquer.) Je voudrais que tu partages avec moi toutes les joies que peut offrir la musique ! Cela sans dévaloriser les opinions de tes parents. J’attends avec impatience ta réponse.

Journal de Zobéide
Pourquoi est -ce que c’est toujours moi qui dois lutter pour un peu d’indépendance ? Je suis toujours la seule de la famille qui ait du mal à se conformer à la vie rigide et intolérante de mes parents. C’est l’an
2005 et on vit en France. Moi, quand je serai grande, je ne ferai pas comme Samira. Si un jour je me marie, je veux un partenaire qui soit mon égal.
Cela m’attriste qu’elle quitte l’école avant d’obtenir le bac, qu’elle ait 18 ans et qu’elle aille se marier avec Nabil et, par conséquent, perdre son indépendance.
J’aime mon père, je voudrais lui plaire et je suis fière de mon héritage culturel mais je ne peux pas continuer à tolérer l’étroitesse d’esprit de ma famille et toutes les limites et les contraintes qu’on m’impose.

La voix narrative
Et voilà le début de l’histoire de deux jeunes, Zobéide et Paul, dont le chemin à parcourir ensemble va être peuplé d’obstacles. Y a-t-il une lueur d’espoir qu’une relation entre ces deux adolescents puissent réussir ? Vont-ils pouvoir surmonter les différences de milieu social, de religion, d’ethnicité et d’héritage culturel ?
Provenant de deux mondes, de deux univers séparés, les parents des deux côtés seront-ils capables de comprendre, d’être sensibles à ce qui lie ces deux jeunes, à ce qu’ils ont en commun ? Quel sera leur sort ?

FIN

Ménage à Trois

David et Kevin

Depuis qu’elle est toute petite Isabelle semble lancer un appel aux compliments. Il aurait été impossible de ne pas remarquer sa beauté. Bijou luisant et ravissant, Isabelle aujourd’hui fait l’objet de l’admiration de milliers de Français. Dans ses films elle paraît grande alors qu’elle ne mesure que 1m65. Elle a les yeux bleu foncé, capables de tout révéler et de tout cacher à la fois. Ses cheveux blonds tombent toujours gracieusement sur ses épaules, n’empêchant pas de laisser voir un cou pâle et délicat.

Pour ceux qui connaissent Isabelle, son charme et son élégance n’ont pas de limite. Ne serait-elle pas l’incarnation parfaite de Marianne ? Pourrait-on croire que toute cette perfection apparente repose sur une âme timide, se méfiant des hommages qui lui sont accordés ? C’est une grande dame qui a vécu les moments les plus douloureux de la vie avec courage et classe.

A quelques mètres de la plage de Rochefort, la maison d’Isabelle se distingue des autres par son architecture originale. Elle rappelle la maison papillon de Franklin Lloyd Wright grâce au toit dont les sections au-dessus de la cuisine et de la terrasse semblent partir vers le ciel. Ce sont les ailes d’une mouette énorme prête à s’envoler, comme si elle savait qu’Isabelle attendait aussi avec impatience le moment du départ. Bien que pas très grande, la maison fait preuve de l’attention et du soin dévoués de sa propriétaire. Les rosiers s’alignent parfaitement à côté d’un bassin qui a été également construit avec soin, sa forme imitant celle de la maison. En sortant du jardin pour entrer dans la maison, on passe par la cuisine nettement arrangée ; Là on observe une abondance de fruits dans un bol et une rangée de bouteilles de vin. A force de suivre un couloir obscur et qui sent le moisi on remarque que le mur est orné de clichés cinématographiques. Au bout, on se retrouve au pied d’un escalier en colimaçon. Autour se dressent des statues d’anciennes vedettes de Hollywood des années cinquante.

Ayant monté cet escalier étroit, on tourne à droite pour déboucher dans la chambre magistrale des mariés. Quelle surprise ! En plein milieu se trouve un lit circulaire entièrement couvert de coussins de couleurs exotiques. Devant ce lit inattendu, à cause de sa forme originale, se dresse un écran couvrant le mur. On peut s’installer dans des chaises de réalisateur rien que pour voir les tournures faites par notre couple si doué. Entre deux fenêtres, s’ouvrant sur un balcon qui rappelle la scène tirée de Cyrano, on ne peut pas s’empêcher d’admirer une photo sans peut-être comprendre que c’est celle de la sœur défunte de notre héroïne, Catherine. On est tout de suite impressionné par une argenterie élégante remplie de trophées se dressant comme des fantômes du passé glorieux. A force d’en examiner certaines, on découvre la présence exaltée de trois ou même quatre Oscars reçus par nos châtelains vénérables. Un chemin pavé serpente à travers la pelouse pour aboutir à l’entrée de la maison, cachée à la vue par une vieille Peugeot qui vient de s’arrêter.

Un monsieur descend de la voiture et se rend à la porte tenant à la main un sac à main et une housse à vêtements. C’est le mari d’Isabelle, François. Marié depuis dix ans et père de quatre enfants, il a quarante-deux ans. Cheveux grisâtres, oreilles un peu ballantes, ce grand réalisateur ressemble à un boxeur retraité. D`ailleurs François a aussi le nez d`un ancien combattant. De taille moyenne il a quand même un problème à trouver un pantalon qui lui va bien. On dirait qu`il est assez beau sans avoir l`air très sportif. On l‘a pris pour un détective de temps à autre parce qu’il ne faisait pas attention aux vêtements qu`il portait.

Le caractère de François est celui d`un homme sérieux qui prend ses responsabilités au sérieux concernant sa famille et son métier. Il aime rigoler quand il est avec ses amis. De plus il adore raconter des histoires cochonnes. Il n`est pas du tout généreux mais l`appeler radin serait un peu excessif. François est toujours prêt à aider les autres ou à les guider en cas de besoin. Seules les vedettes qui jouent dans les films du maître diraient qu’il a un tempérament plutôt violent. Il suffit de se montrer flémard pour se faire vider sur le coup et se faire remplacer. Il faut noter aussi que certains collègues cinéastes le trouvent gonflé d’avoir voulu faire des apparences dans ses films.

Isabelle, qui termine sa toilette dans sa chambre, entend la porte s’ouvrir.

- François, je ne t’attendais pas avant 21h00. Tu aurais pu me téléphoner quand même pour me prévenir.

- Je suis désolé ma poupée, j’en avais assez de ces réunions de syndicats merdiques. Ils pensaient me faire peur en disant qu’on n’aurait plus de fonds pour le film, que je serais obligé de changer l’intrigue. Espèces d’idiots ! Je bosse pas que pour eux et ils comprennent même pas la valeur de ce que je fais depuis des années.

Isabelle le laisse passer dans le salon sans dire un mot. Autrefois, elle aurait essayé de le consoler. Elle dirait que peu importe ce que disaient les autres. Ce qui compte c’est de rester fidèle à sa vision cinématographique. Aujourd’hui les mots lui échappent et son puits de patience s’est épuisé.

- François, je te prie de m’excuser. Il me reste des choses à faire dans la chambre. Repose-toi un peu et nous en parlerons tout à l’heure.

Elle rentre dans sa chambre laissant François seul sur le canapé. Il la suit des yeux tout en gardant une expression d’indignation. Ce n’est pas du tout l’accueil auquel François s’attendait. Ayant fait de son mieux pour ne pas montrer que les mots froids d’Isabelle l’avaient gêné, François se dresse et il va au bar pour chercher son remède préféré, un martini aux olives. Le bar se trouve de l’autre côté d’un paravent séparant le salon de la salle à manger, ce qui ne permet pas à François d’apercevoir l’arrivée d’une femme. Elle était sortie de la chambre d’Isabelle. Sa chemise sans manches révèle des bras bronzés et musclés. Elle porte ses cheveux mouillés en queue de cheval et ses jambes, aussi musclées que ses bras, glissent à travers le salon vers la porte. Elle passe derrière le canapé et s’y arrête pour regarder le paravent. Ses yeux marron foncé et aux sourcils broussailleux , qui rajoutent au portrait de cette belle amazone, jettent un regard de mépris en attendant que François revienne s’installer dans le salon.

François apparaît presque tout de suite de l’autre côté du paravent et, ne s’attendant pas à voir une femme autre qu’Isabelle, il se fige soudain et regarde la femme.

- Salut, François, excusez-moi, mais je suis pressée, au revoir.
La femme s’en va et on entend les bruits des pas d’Isabelle qui sort de sa chambre.

- Isabelle, tu pourras m’expliquer pourquoi…

- Je n’ai aucun besoin de t’expliquer quoi que ce soit.

- Si, au contraire, Isabelle, tu m’as dit, il y a deux semaines, que cette histoire avec Amélie était finie, que tu ne la verrais plus jamais, et que ce serait notre vie de couple le plus important.

- François, si je continue à voir Amélie c’est pour deux raisons. D’abord, je suis heureuse quand je suis avec elle. Elle me comprend. Elle est sensible et prête à se donner à 100%. Avec toi, pourtant, j’ai l’impression souvent de gâcher ta vie et que notre amour représente plutôt un obstacle pour toi. Je comprends bien les exigences d’une carrière dans le cinéma, mais pour moi rien n’a jamais été aussi important que la famille et la vie d’amour.

- Encore, on va resortir ça, ces histoires de cinéma, merde ! j’ai pas la possibilité, moi, de vouloir me défendre quand, de tous les cotés, on vise à empêcher la réalisation de mon projet. Je pense à toi aussi dans tout ça. Si je me bats c’est aussi parce que je t’aime.

- Calme-toi, François. Je ne voulais pas te faire de la peine, pourtant, il faut que tu me comprennes. Après la mort de ma sœur j’ai commencé à voir la vie différemment. La vie est fragile. Elle est belle, mais elle brille sur ceux qui sauront se battre pour elle et qui tâcheront d’apprécier chaque moment qu’on a sur la Terre.

François, en entendant la réplique d’Isabelle, montre un visage encore plus crispé. Il ressent la colère monter en lui mais il réussit à maîtriser ses émotions sachant qu’Isabelle ne réagirait pas bien. François dit à Isabelle qu’il valait mieux peut-être ne plus en parler pendant un moment. Il prend une cigarette dans son sac et sort par la porte de la cuisine qui donne sur une terrasse tranquille. Ils passent tous les deux une nuit difficile, chacun soucieux de ne pas entamer une conversation trop délicate.

Le lendemain matin, François ferme la porte de sa Peugeot ayant compris que le week-end a été gâché et qu’il a intérêt à revenir sur Paris pour régler ses affaires de travail. Il doit aussi réfléchir à une façon dont il pourrait mieux raisonner les problèmes par rapport à Isabelle. Isabelle, de son côté, avait déjà quitté leur maison. Elle a préféré retourner à Paris par le train, ce qui lui permettait de mieux digérer les paroles amères échangées entre François et elle, et de mieux juger la place qu’occupe Amélie dans son cœur. En prenant le train, Isabelle évite aussi de faire face à un temps qui s’annonce très orageux.

François, une fois rentré chez lui, était dans un état d’esprit extrêmement perturbé. Donc, il sort vite de chez lui pour aller retrouver son copain Jean Baguette au café du coin. Barbu, les cheveux rougeâtres, Jean ressemble en taille et en teint à ce fameux pain français, c’est à dire la baguette. Il a le teint frais, la peau tachetée de rougeurs, les pieds pointus. Il mesure 2 mètres de haut et il se tient droit tout le temps comme si son dos était figé. De caractère, Jean est réservé sans être vraiment taciturne. Il pèse ses mots et préfère écouter plutôt que de parler. Malgré une façon de répondre assez rigide, même froide, Jean se fait aimer de sa famille et de ses employés. Il arrive à gérer son bureau de détectives d’une manière stricte et exigeante. Pourtant ses employés se voient rarement mis à la porte.
Ce qui n’est pas apparent, c’est sa préférence pour les hommes puisqu’on ne le voit guère sortir sauf pour retrouver son bon copain François Truffe. Afin d’éviter de se voir humilié par une riposte caustique, il suffit de faire allusion, dans un contexte moqueur, à son nom de famille.

FT- Salut, mon pote ! Tout va bien ? Ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vus !

JB - Oui. ça va en principe !

FT - Tu sais, je dois avouer que j’ai vachement d’ennuis en ce moment.

JB - Raconte-moi ce qui s’est produit !

FT - Ben, alors ! D’abord, il y a le problème d’entente avec ma femme, Isabelle, que tu connais déjà bien.

JB - Qu’est-ce qui ne va pas bien entre vous deux?

FT - Voilà ! C’est que moi je suis toujours en train de bosser et ainsi je ne rentre qu’à minuit normalement. C’est donc elle qui est en train de rouspéter sans répit, parce que je ne m’occupe point d’elle et de ses besoins.

JB - Alors mon vieux, ça se voit qu’il faut discuter entre vous pour essayer de trouver des moyens de se raccommoder. Autrement, tu risques de la perdre définitivement et tu dois bien savoir que les ruptures se présentent de plus en plus fréquemment.

FT - Il y a une autre complication que je n’ai pas encore mentionnée. Hier soir je suis rentré comme d’habitude à notre maison de Rochefort et j’ai trouvé une dame en train de sortir de notre chambre conjugale à nous. Il n’y avait qu’une conclusion à en tirer, figure-toi !

JB - Pourtant mon pauvre François, ça arrive des fois chez les hétéros de se voir attirés par des personnes d’une autre persuasion sexuelle.

FT - Le plus embêtant, c’est que ma femme n’a aucune envie d’expliquer pourquoi elle continue à recevoir cette femme... Qu’est-ce que tu me recommandes de faire ? Putain de bordel !

JB - Je dois me barrer maintenant mais je vais y réfléchir et on peut se voir la semaine prochaine afin de discuter de tes problèmes davantage.

FT - D’accord ! Ciao !

Isabelle arrive chez Amélie en fin d’après-midi. Le temps ne lui est guère plus accueillant que celui qu’elle avait trouvé pendant le voyage, mais elle se trouve soulagée en rentrant dans l’appartement d’Amélie. C’est un joli appartement tout moderne et bien situé, dans le 7e arrondissement, entre le Champs de Mars et le Parc Citroën. Amélie lui avait laissé la clef chez le concierge, M. Boniago, un Portugais qui se doutait des allés et venues d’Isabelle.

Isabelle pose tout de suite ses bagages dans la chambre d’Amélie et elle revient dans le salon pour se reposer. Amélie n’est pas censée arriver avant 17h00, ce qui permet à Isabelle de réfléchir un peu aux événements des deux derniers jours.

- Que François soit fâché je peux le comprendre. Je lui avais bien dit que nous retrouverions notre bonheur et que je serais plus sensible par rapport à notre couple et aux relations avec Amélie. Pourquoi est-ce que je me trouve en ce moment en train de tout repenser ? Amélie a insisté qu’elle ne voulait pas gâcher le mariage entre François et moi mais comment puis-je continuer sans elle. Elle apporte à ma vie un bonheur que François est incapable d’offrir en ce moment. Mais il faut qu’Amélie comprenne, elle aussi, que François m’aime et que depuis notre rencontre pendant le tournage de mon premier film, il a toujours été mon soutien. Nous avons une complicité absolue. Est-ce qu’on est en train de passer par des moments difficiles ? Oui ! N’est-il pas vrai que tout le monde passe par des étapes pareilles ? Mon père me disait que notre puissance ne s’attache point à notre capacité d’éviter les obstacles que la vie présente mais il réside plutôt dans la façon dont nous réagissons lors de ces moments difficiles de la vie. Et bien, voici un tel moment. Je tiens à ne pas me laisser effondrer par les émotions.

A ce moment, Isabelle entend sonner le téléphone. C’est François. Il a envie de la voir tout de suite et il insiste passer lui parler.

- Ecoute, chéri. J’ai besoin de te voir. Ce matin, je pense qu’il y a eu des malentendus.

- Et qu’est-ce que tu as fait depuis ton arrivée à Paris ?

- J’ai été voir mon copain Jean Baguette qui m’a donné rendez-vous au petit bar que tu connais sur la Rue Des Pèlerins.

- Eh ben. De quoi est-ce que tu as discuté avec ce sacré Jean ? Je me méfie de lui. Il porte tout le temps son foulard même à l’intérieur. Il doit cacher quelque chose.

- On a bu un pot ensemble et on a parlé de la situation politique à l’égard du mariage entre pédés.

- Pédés, tu dis ! Pourquoi donc tu t’intéresses à un tel sujet ? Il est homosexuel, lui ?

- A mon avis, pas du tout, malgré le fait que je l’aie observé en train de discuter avec un jeune plombier polonais.

Pourquoi tu me racontes ces conneries ? C’est comme ça que tu traites les femmes ? C’est la troisième fois cette semaine que tu m’as laissé tomber au moment où on devait dîner ensemble. N’oublie pas que je déteste cuisiner. Donc la prochaine fois que tu m’obliges à rentrer pour préparer un repas, fais gaffe ! Tu risques de te faire empoisonner.

D’accord ma chérie. Du calme ? Je t’emmène dans un restaurant 5 étoiles….

(A terminer plus tard !)

FIN

Description de personnages et de lieux

Dawn, Anna et Alisa

Description de Mathieu Martin

C’est un garçon âgé de quinze ans. Plutôt mignon, de taille moyenne, musclé, aux cheveux blonds très bouclés, Mathieu a de beaux yeux marron pétillants et un sourire toujours hilare. Il a un air intellectuel puisqu’il porte des lunettes sur un nez un peu allongé. Pourtant Mathieu n’est pas du tout sérieux au lycée. A l’esprit vif, Mathieu est sociable, drôle, un peu moqueur et il garde toute son énergie pour des activités sportives. Passionné de sport, il joue au foot, joue au tennis avec ses copains et fait du vélo. Vivant seulement à 400 mètres de la mer, il passe beaucoup de temps à la pêche.
En fait, Mathieu habite la ville d’Ouistreham, tout près de Caen, en basse Normandie, avec sa mère, Lucie, qui est divorcée, et sa sœur cadette, Alice. Le père, ayant quitté depuis longtemps sa famille pour une Parisienne riche, n’est plus en contact avec eux. Evidemment, la mère est restée propriétaire du gîte de la famille et Mathieu y travaille trois fois par semaine à la réception. Ce charmant gîte rustique, construit en pierre blanche et couvert d’un toit ardoisé s’orne d’ailleurs de trois belles fenêtres donnant sur un jardin bordé de mille fleurs aromatiques. A droite, un escalier extérieur en spirale vous mène au grenier où, à vrai dire, l’on trouve la chambre la plus intime du gîte. En effet, on aperçoit tout de suite la cheminée verte en marbre à gauche et en face de laquelle se trouve le lit. Finalement, au chevet de ce lit, on peut voir une table décorée actuellement d’un vase en faïence, plein de fleurs cueillies dans le jardin d’en bas.

Description d’Anne St-Jacques

Anne St-Jacques, la fille la plus jolie mais aussi la plus mystérieuse de la ville de Camaret-Sur-Mer, a quatorze ans. Toute la ville croit que la fille a l’air un peu snob ; pourtant, en réalité, Anne est une fille très pensive, timide, et réservée avec les jeunes de son âge. Grâce à ses grands yeux bleu clair et ses cheveux très longs et bouclés, Anne possède une beauté extraordinaire. Elle a des qualités physiques adorables mais aussi uniques comme un petit nez droit et une petite bouche avec des lèvres séduisantes qui, cependant, ne sourient pas assez fréquemment. Anne est très grande et mince. Elle ressemble à sa mère, qui est morte dans un accident de voiture, il a y dix ans.

Anne a une vie aisée mais pas complètement heureuse. Son père, Emmanuel, mène un bon train de vie. Il est propriétaire de bateaux utilisées pour faire la pêche. Emmanuel voyage souvent à cause de son travail ; donc, Anne reste toujours à la maison avec sa gouvernante, Céline. Celle-ci est bavarde et vraiment agaçante. Par conséquent, Anne peut faire confiance uniquement en sa cousine, Claire, qui habite à Paris. Malheureusement, elle n’a pas d’autres amis.

Vêtue d’une robe bleu et violet foncé d’un tissu soyeux, Anne se regarde dans le miroir de sa chambre. La chambre d’Anne est chic mais très adulte. Anne est entourée par les choses qu’une dame matérialiste aimerait bien, mais pour une fille de quatorze ans, la chambre ne semble pas appropriée. Par exemple, tous les murs de sa chambre ainsi que le mobilier sont d’un blanc sévère. De plus, l’assise du canapé est dure et inconfortable, et le lit est austère. La vanité de la mère d’Anne peut se voir dans un coin de la chambre, à gauche du lit. Quelques petits flacons de parfum délicats s’alignent sur l’étagère extrêmement propre. Anne refuse de toucher les affaires de sa mère ; évidemment, elle a peur de ses choses. Elle préfère s’allonger sur le siège devant la grande baie vitrée qui donne sur la plage. Anne passe des heures et des heures devant la fenêtre. Perdue dans ses pensées, elle laisse ses yeux se fixer sur la mer, une mer qui attire inexplicablement cette belle fille, une mer dont les vagues féroces reflètent leur image dans ses yeux.


Description de Claire

Claire est une fille adorable âgée de treize ans. Quant à son physique, elle est mince et très grande pour son âge. Par conséquent, elle se sent mal dans sa peau. Elle a les cheveux châtain clair bouclés et de beaux yeux noisette ainsi qu’un énorme sourire attirant et séduisant qui cache sa solitude et sa tristesse.

C’est une élève modèle, passionnée par les études. Souhaitant être écrivaine, son cours préféré est le français. Certes, lire et écrire sont de véritables plaisirs pour elle. Très intelligente, mais timide, elle est devenue assez introvertie et par conséquent paraît coincée. Elle ne possède aucune connaissances du monde à part ce qu’elle a appris à travers les livres. Pendant ses loisirs elle lit, écrit de la poésie et les paroles de petites chansons. Elle dévore les livres de voyages. Sa mère est française et son père est italien. La mère de Claire est assez religieuse. Etant donné que sa mère est catholique pratiquante, Claire, depuis sa tendre enfance, est obligée d’aller à la messe le dimanche matin. C’est une fille sage qui a toujours fait ce qu’il fallait faire. Elle est honnête et plutôt généreuse. Depuis quelque temps, cependant, elle commence, comme tout adolescent, à chercher son identité personnelle et à s’exprimer. Toutefois, elle a un gros secret qui la tracasse et qu’elle n’a partagé avec personne… elle est enceinte !

Ils sont 3 enfants dans la famille – Claire est la cadette et la seule fille. Le fils aîné, Charles est un moine boudhiste qui vie sereinement en Birmanie. Son autre frère, Martin, est homosexuel.

Claire habite dans un tout petit appartement du 18ème au pied du Sacré Cœur, rue Feutrier. Le quartier en jouxte un autre très prisé, niché entre Pigalle, la Goutte d’Or et le prestigieux coin raffiné des Abbesses. Semblable à la vie de Claire, ce quartier partage la promesse d’un bon avenir et le poids d’un passé qui laisse à désirer. Sa réputation opprime ses habitants. A la seule mention du nom Barbès-Rochechouart, on se figure des images de vol et de péril tout en négligeant un réel esprit de vieux quartier populaire qui, pourtant, y demeure toujours. C’est un endroit où les enfants jouent et les voisins papotent. Gai, animé et vivace, ce quartier abrite surtout les pauvres et les gens du bas de la classe moyenne qui luttent chaque jour pour survivre et améliorer leur sort. Comme auparavant, c’est un quartier de braves gens. Mais, dû à son côté un peu malsain et sinistre, on ne sait jamais si les personnes qui y vivent vont pouvoir surmonter leurs difficultés physiques et psychologiques. Jadis, ce quartier était une ancien carrière. Au cours du temps, les gens ont construit sur ce terrain instable, ce morceau de gruyère, sans regard ou arrière-pensée vers l’avenir. Ils l’ont fait tout en ignorant les conséquences futures. A l’heure actuelle, un tour du quartier dévoile un quartier fané plein de bâtiments croulants qui se tiennent debout grâce à des miracles. C’est ici, dans ce quartier où habite et où a grandi notre héroïne.

La rue Feutrier est une petite rue étroite et serpentine en pente qui mène directement au jardin du Sacré Cœur. L’immeuble où vit Claire est un vieux bâtiment sombre dont la peinture est en train de se détacher. Pour y accéder on traverse une première cour puis on passe par une autre petite cour où il y a un bassin avec des poissons ainsi qu’un petit arbre. C’est un lieu assez déprimant. Son père est mort dans un accident de voiture, il y a quelques années, ou au moins, c’est ce qu’elle dit aux autres car en vérité, il habite à 5 minutes de chez elle mais elle ne le voit plus jamais - comme il est alcoolique et qu’il prend de la drogue. Elle vit donc en quasi pauvreté avec sa mère et son frère Martin. Comme l’appartement est tout petit, Claire partage son lit avec sa mère et son frère et dort sur le canapé du salon. C’est une vie assez triste.

Ça fait 2 ans que sa mère sort avec un bourgeois du 16ème. Il y a quelques jours, sa mère lui a annoncé qu’elle allait se marier avec lui. Il s’appelle Marc-Antoine.
C’est un homme gentil qui a 3 fils de son premier mariage. Il paraît qu’il a acheté une maison particulière dans le quartier des Abbesses et qu’ils vont tous vivre ensemble.


Lettre d’Anne à Claire pour essayer de la convaincre de prendre le relais pour la correspondance


Coucou Claire,

Comment ça va ? Ça fait longtemps qu’on ne s’est pas parlé. Ici ça va, rien de spécial. Il y a quelques semaines, tu m’avais dit que tu voulais trouver un correspondant. Moi, je corresponds actuellement avec un type qui est très sympa mais malheureusement je suis débordée et je n’ai franchement pas le temps d’assurer la correspondance. Je me sens mal de le laisser tomber comme c’est un gars chouette qui s’appelle Mathieu, et qu’il passe par un moment difficile. Il habite actuellement avec sa mère au bord de la mer à Ouistreham et va bientôt emménager avec son père qui habite Paris et qu’il n’a pas vu depuis cinq ans. Bien qu’il aille à Paris de temps en temps pour voir sa tante il ne connaît personne de son âge et alors je me suis dit que ça pourrait vous arranger tous les deux. Qu’est-ce que tu en penses ? Je trouve que tu devrais le faire.

Ecris-moi.
Gros bisou
Anne

Réponse de Claire à Anne acceptant de prendre le relais pour la correspondance

Chère Anne,

Ça me fait très plaisir d’avoir de tes nouvelles ! C’est vrai, ça fait un petit bout de temps depuis qu’on s’est parlé. On devrait le faire plus souvent. Ici aussi, rien de spécial à part le fait que ma mère vient de se fiancer avec Marc-Antoine. C’est plutôt cool parce qu’il est super sympa et qu’enfin j’aurai une chambre à moi. J’adore ma mère, mais à vrai dire j’en ai marre de partager le canapé avec elle.

Alors, pour ton idée de correspondance, tout d’abord, merci d’avoir pensé à moi. A la limite, ça pourrait être bien, mais, avant d’accepter, je voudrais un petit peu plus de renseignements. Parle-moi un peu de lui ? Dis-moi comment tu as fini par lui parlé ? Ça fait combien de temps que vous correspondez ? Est-ce que tu l’as jamais rencontré en chair et en os ? Il est beau ? Célibataire ou déjà casé ? Bref, quelques détails s.t.p. Tu lui as déjà parlé de moi, ou pas encore ? Penses-tu qu’on s’entendrait bien ?

Et si tu venais à Paris et qu’on invitât Mathieu à nous rejoindre, ça pourrait être bien, non ? Ça te tente ? Imaginons que Mathieu et moi nous entendions bien, peut-être pourrions-nous nous marier… un beau jour de juillet. Eh non, j’affabule, revenons à nos moutons. Bon parlons de toi maintenant…raconte-moi comment ça va ? Les choses se sont-elles améliorées avec ta gouvernante qui parle sans cesse ou est-elle aussi chiante ? Admettons que ce soit un peu prise de tête d’avoir quelqu’un à la maison qui veut toujours te parler, mais à vrai dire, ce n’est pas trop mal, au moins tu as quelqu’un qui s’intéresse à toi. Moi je n’ai personne L. Bon finalement, oui, je voudrais bien lui écrire, merci de me filer son mail.
Bises
Anne


Chère Claire,

Bonjour, je m’appelle Mathieu. Tu ne me connais pas, mais ta cousine m’a filé ton mail pour qu’on puisse correspondre. Elle m’a dit que tu étais sympa et habitais Paris. Tout d’abord, j’ai quinze ans et j’habite pour encore quelques semaines à Ouistreham avec ma mère et ma sœur Alice. Ouistreham est situé en Basse Normandie et ma maison est à 400 mètres de la plage. Peut-être que tu connais déjà ? Ma mère tient un gîte où je travaille trois fois par semaine. Quant à mon père, il vit à Paris. Comme il a quitté la maison il y a longtemps, je ne le connais pas vraiment, et à vrai dire, pas du tout. Pourtant, dans quelques mois ( à la fin de l’été) je pars à Paris le rejoindre définitivement. Je sais que tu habites Paris, je n’y connais personne et Claire a pensé que ça pourrait nous faire du bien, à l’un et à l’autre de correspondre et de se rencontrer.

Quoi te dire ? Hmmm, ah l’école. Les maths, ça ne me plaît pas du tout. J’ai un prof horrible cette année qui ne sait pas expliquer les maths de sorte que je m’embrouille tout le temps. Par contre, mon fort, c’est l’anglais. Le prof est toujours intéressant. En ce moment, je suis en train de me préparer pour le match de foot le plus important de l’année, mais, malheureusement, ma mère m’a dit que mes notes n’étaient pas assez bonnes et que si je voulais participer à ce match je devrais améliorer mes notes en maths. Je lui ai dit que c’était vraiment difficile de trouver le temps nécessaire pour étudier parce que nous avons trois heures d’entraînement chaque après-midi et que je suis déjà allé demander de l’aide à un ami - le professeur n’étant jamais disponible. Elle m’a expliqué que je devrais recevoir une moyenne de quinze à mon examen de maths cette semaine, ou, sinon, je ne pourrai pas jouer. Donc, souhaite-moi bonne chance !

Quels sont tes loisirs ? Moi, personnellement, j’aime me rendre sur la côte d’Azur ; et j’adore faire du sport. Et toi ? Je crois que ma mère ne comprend pas très bien ma situation – il faut que je joue absolument ! J’en crève d’envie ! J’espère que mon père me comprendra mieux – je ne serai jamais un bon élève, mais si je m’entraîne, je pourrai jouer dans la coupe du monde ! Quand j’ai expliqué ce rêve à ma mère, elle m’a dit que j’étais fou ! Aimes-tu ta ville et ton école ? As-tu une bonne équipe de foot ?

Qu’est-ce que tu fais ce week-end ? Je pensais jouer au foot avec des amis, mais ils viennent d’annoncer des orages. Il paraît qu’il pleuvait en Bretagne ce matin et que nous aurons un peu de pluie en début d’après-midi. Aïe, il y a eu encore des incendies en Provence, tous d’origine criminelle ! Franchement ces gens qui mettent le feu, c’est pas cool. Et chez toi, quel temps fait-il ? Il y a une copine à moi qui part pour la Floride aux Etats-Unis cette semaine et ils ont dit à la météo qu’il allait y avoir un énorme ouragan en Floride. L’ouragan s’appelle Dennis et il est actuellement dans l’océan atlantique dans les Caraïbes.

Tu habites dans quel arrondissement ? Mon père habite dans le 2ème, métro Châtelet.

J’attends de tes nouvelles avec impatience.
Mathieu

Cher Mathieu,
Merci pour ton mail. Je suis un peu à la bourre aujourd’hui mais j’ai voulu te répondre en vitesse et te dire un petit bonjour. Anne m’a écrit. Elle sera à Paris dans quelques semaines. Peut-être qu’on pourrait se rencontrer tous chez moi le samedi 10 août. Voilà comment faire pour venir chez moi du métro Châtelet. Prends le métro dans la direction Porte de Clignancourt. Monte à l’arrière de la rame. Sors à l’arrêt Château Rouge. Tu verras que c’est marqué, ascenseur. Prends cette sortie. Fais attention à ton portefeuille comme ça craint un tout petit peu. En sortant du métro tourne un peu à gauche et tu verras un passage piéton. Traverse. Après avoir traversé la rue, il y aura un distributeur automatique sur ta gauche et une boulangerie sur ta droite (ils font de très bons fraisiers si par hasard tu as envie d’en acheter pour nous J). Maintenant tu es dans la rue Poulet. Remonte-la. En haut de la rue tourne à droite puis traverse la rue Clignancourt. Il y a une fourche. Prends la fourche en allant vers la droite. C’est la rue Feutrier. Monte la colline (ne t’inquiète pas ce n’est pas une grande colline). Le 34, c’est sur ta droite juste après le pressing. Le code est A2016. Il faut traverser deux cours puis prendre l’escalier A qui est sur ta gauche. Nous on est au 1er, porte de gauche.

A bientôt
Claire


Chère Claire,
Je ne sais pas quoi faire. En dépoussiérant, ce que je suis obligé de faire tous les mercredis, je suis tombé sur une lettre d’adieu que m’a écrite ma mère et dans laquelle elle expliquait la vraie raison pour laquelle elle s’en allait et pourquoi je devais vivre avec mon père. Sur l’enveloppe était écrit « Pour Mathieu à l’occasion de ses 18 ans ». Alors, naturellement, je n’ai pas pu m’empêcher d’y jeter un coup d’œil. Comme je t’ai raconté auparavant, ça ne marche pas très bien à l’école donc m’a mère m’a dit qu’elle allait m’envoyer étudier en internat à Paris afin d’assurer mon avenir. Bon, je n’étais pas très content mais bon, je la comprends et en plus, je suis content d’avoir l’opportunité de faire la connaissance de mon père parce que bien que je ne l’aie jamais dit à ma mère, mon père me manque terriblement. Je regarde autour de moi et je ne vois que des familles heureuses avec une mère et un père. Après avoir lu la lettre, il me semble qu’ en réalité, ma mère m’envoie chez mon père parce qu’elle a des problèmes psychologiques. Elle est maniaco-dépressive, un désordre que je ne connaissais pas chez elle. Elle a écrit cette lettre afin d’expliquer sa situation qui continue d’ être de plus en plus grave. Evidemment, les médicaments qu’elle prend ne marchent pas très bien. Il paraît même qu’elle a déjà essayé de se suicider, il y a quelques mois, avec des somnifères. Son psychologue lui a conseillé de m’envoyer chez mon père, mais elle n’a pas pu trouver le courage de me le dire. Dans sa lettre elle est clairement tourmentée. D’un côté elle a envie que je reste avec elle, mais de l’autre côté elle croit qu’elle devait suivre les conseils du psychologue parce que c’est la meilleure décision à prendre. Personnellement, je déteste le fait que je n’aie pas de choix. Je veux rester ici et aider ma mère. Je suis complètement accablé, et je ne sais pas ce que je suis en train d’écrire. Je suis tellement bouleversé. Qu’il m’est difficile d’expliquer la situation dans laquelle je me retrouve ! Alors qu’est-ce que je fais ? Aide-moi. Soit, je fais comme si rien ne s’est passé et je lui fais croire que je crois tout ce qu’elle m’a raconté. Soit, j’attends de voir mon père pour lui en parler. Soit, je lui dis carrément que j’ai trouvé sa lettre. J’aimerais bien lui en parler mais j’ai peur de lui faire plus de mal. Sa lettre est très émotionnelle. Voilà un petit extrait …

Mon très cher Mathieu,
Au moment où tu liras cette lettre, tu auras 18 ans. Cela m’a été très difficile d’écrire mais je pense que maintenant tu as les capacités de comprendre la décision que j’ai prise. Je voulais t’avouer la vraie raison de mon départ plus tôt, mais comme il s’agit d’un sujet difficile, j’ai pensé qu’il valait mieux attendre. J’en ai discuté avec ton père et on s’est mis d’accord pour cela. Bien que je veuille que tu restes près de moi, je ne pouvais pas honnêtement prévoir comment ma situation allait évoluer et de crainte que je te fasse du mal physiquement ou émotionnellement sans m’en rendre compte je me suis dit que pour ton bien être il vaudrait mieux que tu ne vives plus avec moi. De peur de te faire trop de mal je souhaite que tu attendes d’avoir 18 ans avant d’ouvrir cette lettre. Cependant, maintenant que tu es un homme, tu comprendras mieux les raisons qui m’ont amenée à garder ce secret. Si tu avais su que j’étais si dépressive à ton jeune âge, je n’aurais pas pu le supporter. Certes, cette maladie dont je souffre depuis des années m’a rendu folle et même suicidaire. Les médicaments ne sont pas suffisants et les docteurs préfèrent que j’aille à l’asile pour y subir des traitements précis. Ton père, aimant …


Cher Mathieu,

J’admets que j’ai été extrêmement émue par ton mail. Je veux t’aider et te donner quelques conseils si c’est possible ; pourtant, je serais plus à l’aise si nous pouvions parler face à face. Ta vie semble être en train de basculer, et c’est en tant qu’amie que j’insiste que tu prennes tes vacances à Paris un peu plus tôt pour échapper à la situation chez toi. Tu sais déjà le chemin ; donc, suis-le !

Je t’attends avec impatience.
Claire

Dialogue (au café) :

M : Claire, c’est toi ?
C : Mathieu ! Ah, finalement ! Ça va ?
M : Ça va mieux maintenant que je suis à Paris.
C : Oui, je comprends. Alors, veux-tu boire quelque chose ?
M : Un café
C : Monsieur ? Deux cafés s’il vous plaît.
(Ils boivent.)

C : Alors, voyons ce qu’on peut faire pour t’aider à régler ton petit dilemme. Alors raconte-moi un peu comment c’était de vivre avec ta mère ?
M : Claire, pendant le voyage je n’ai pas pu m’arrêter de penser. Et justement, il n’y a rien d’anormal qui me soit venu en tête.
C : Bon, on va commencer tout doucement. J’ai fait des recherches sur le net pour toi. Tu as dit qu’elle est maniaco-dépressive, ça veut dire qu’elle aurait des hauts et des bas. Il n’y a jamais eu de jour où elle t’a semblé beaucoup plus triste qu’à la normale ou beaucoup plus fatiguée que d’habitude ? Souvent, les gens qui sont dépressifs dorment beaucoup.
M : Ah, ben justement, bon, je ne sais pas si c’est ça ou pas, mais un jour, quand j’avais 10 ans, j’étais en train de faire mes devoirs dans ma chambre quand ma mère est rentrée de son travail. Elle est allée immédiatement dans sa chambre, et elle a dormi pendant trois jours. En plus, elle n’a rien mangé. Je ne savais pas quoi faire ; donc, le deuxième jour, je suis allé chez ma voisine pour lui demander de l’aide. Elle a parlé avec ma mère pendant de longues heures. Je crois que j’ai entendu ma mère qui pleurait. Mais le quatrième jour tout est rentré dans l’ordre comme si rien ne s’était passé… Elle s’est levée tôt pour aller à son travail.

- Ne t’es-tu pas aperçu que ta mère souffrait de ces crises ?
Si, je me souviens bien d’une époque où elle restait toujours au lit toute la journée. Etant chef de famille, je me suis tout de suite chargé des responsabilités familiales. Je n’ai pas du tout compris que son comportement était anormal. Justement, en y réfléchissant, je me rends compte que certains symptômes qu’éprouvait ma mère auraient effrayé d’autres gens. Pourquoi n’a-t-elle pas consulté un psychiatre dès le début de ses crises ? Ne pouvait-elle pas piger les conséquences graves de ses actions ? Pourquoi mon père nous a-t-il abandonnés.? Pourquoi n’est-il jamais intervenu de notre part ?
Claire, qu’en penses-tu ?

- D’abord, tu devrais te calmer un peu.
Sans doute n’avait-elle pas envie de s’empêcher de faire du mal ?
Quant à ton père…
C : Alors, voyons tes trois options… et imaginons les conséquences de chacune d’elle. Alors, le plus simple, c’est de faire comme si tu n’avais jamais vu la lettre. Mais dans ce cas…

M : Et si ma mère se suicide entre temps et que j’eusse pu l’aider, j’aurais des regrets pour toujours…

Cher Mathieu,
Quelles nouvelles bouleversantes ! Il faut qu’on se retrouve pour en discuter. Disons le…

Maintenant, je me souviens de plusieurs choses pendant ma vie qui pourraient indiquer que ma mère souffrait de ce désordre.

Les monologues intérieurs

Claire se parle

Aïe, je viens juste de parler avec Mathieu. Je n’aimerais pas être à sa place. Que ferais-je ? Je pense quand même que je lui dirais parce que comme ça, peut-être que je pourrais essayer de l’aider ou au moins de le rassurer, de lui dire que je l’aimais et qu’il n’y aurait rien qu’il puisse avoir peur de me dire. Peut-être que je pourrais même lui rendre visite à l’hôpital. Mais de l’autre côté si elle était suicidaire peut-être ça la mettrait au bout d’une crise et qu’il n’aurait plus de mère. Oh, et si j’attendais jusqu’à son installation dans l’asile, comme ça si elle tentait de se suicider, au moins, il y aurait quelqu’un là qui pourrait venir à son aide. Ah cool, on n’avait pas pensé à ça. Faut que je téléphone à Mathieu toute de suite pour lui dire.

Anne (dans son journal…)

Aucune nouvelle de Claire récemment… Je ne comprends pas pourquoi. Elle m’a dit qu’elle m’écrirait quand elle aurait reçu un mail de Mathieu. Je veux savoir ce qu’elle en pense. J’admets que je suis un petit peu jalouse de leur nouvelle correspondance. Maintenant, de mon côté, je n’ai aucun correspondant. Peut-être que c’était une mauvaise idée de donner l’adresse à Claire. J’aurais dû la garder pour moi-même.

Arrête Céline ! Tu m’énerves ! Tu m’agaces ! Pourquoi est-ce que tu te parles sans cesse à toi-même ? C’est incroyable ! Tu parles ou tu chantes à tue tête, et cela dans quel but ? Laisse tomber ! Zut, alors ! « Je dépoussière. Je dépoussière. J’aime dépoussiérer les meubles. » Laisse-moi tranquille !

Je crois que Céline a vu la dernière lettre que j’ai écrite à Claire. Hier, pendant toute la journée, elle m’a regardée d’un air curieux, et elle m’a taquinée avec ses chansons. Elle croyait qu’elle l’avait fait subtilement, mais je ne suis pas aussi bête ! C’est vrai que j’étais fâchée quand j’ai écrit cette lettre à Claire. J’ai expliqué que je ne voulais pas être remplacée par un garçon surtout qu’elle venait de rencontrer. Si on ne se réunit pas, ça sera mieux. Ou, peut-être que Claire et Mathieu ne veulent pas se réunir avec moi parce qu’ils sont amoureux … et ils n’ont pas besoin d’être entourés par d’autres amis. Non, je ne peux pas penser à de telles choses. Alors, maintenant je suis totalement en colère ! Je dois arrêter ce bavardage et ces mauvaises pensées sur ma cousine et sur son correspondant !

A demain,
Anne

Mathieu se parle
Comment n’y avais-je pas pensé avant ? J’aurais dû retourner chez la voisine pour la prévenir sur ce qui se passait chez moi. En fait, le souvenir vient de me remonter à l’esprit. Il s’agit du jour où, restant debout au milieu du salon chez ma voisine, celle-ci m’avait consolé en disant que si ma mère se trouvait dans un état semblable, il faudrait bien que je la prévienne.
Par ailleurs de quel état parlait-elle ? Le fait que ma mère dorme la plupart de la journée et fasse les cent pas la nuit, ou bien, qu’elle refuse de se maquiller, de se laver, de s’habiller et de se brosser les cheveux ?
Justement quelqu’un de mon âge, un ado, n’aurait jamais fait attention à de telles choses. Qui est responsable alors ? Evidemment ce n’est pas moi qui en suis responsable. La responsabilité reste chez les adultes. Bien sûr, mon père, c’est lui qui devrait répondre à toutes mes questions.


Lettres /pensées perdues

Ma chère Claire,
Je n’oublierai jamais le jour où l’on s’est retrouvés au café. Au moment où je t’ai vue, ça a été le coup de foudre. Tu es pour moi la fille la plus charmante qui soit au monde. Puisque c’est toi qui as fait de gros efforts pour être si attentionnée, si sensible, et si affectueuse. Le fait que tu m’écoutes, m’écrives et me comprennes a tellement enrichi ma vie. Ca vaut la peine de vivre. Je t’aime Claire. Que tu le saches, c’est important. Que tu me révèles tes sentiments, c’est ce que je désire. M’aimes-tu ? Veux-tu me revoir ? Enfin, je saurai la vérité lorsque j’aurai reçu de tes nouvelles.
J’attends ta réponse avec impatience.
Ton Amour Fidèle,
Mathieu.
Claire (dans son journal)
Surprise ! Depuis trois semaines je n’ai reçu aucune nouvelle de Mathieu ! C’est bizarre, parce que normalement on correspond tous les deux ou trois jours. J’attends avec impatience un petit mot de lui, mais, en réalité, je ne crois pas recevoir de courriel de lui. J’ai toujours des questions qui me chiffonnent et que je veux lui poser. Précisément, la plus importante reste sans réponse : Quelle décision a-t-il pris au sujet de sa mère ?

La rentrée scolaire est presque arrivée, et je ne suis pas certaine que Mathieu ait déménagé à Paris. Je suis assez déçue parce qu’on a commencé une vraie amitié, et maintenant, tout cela me paraît lointain. Je ne suis pas du genre qui cherche en vain à écrire et qui n’aboutit pas. Je pense que notre relation est achevée. Déduction, Anne est beaucoup plus contente maintenant, car j’ai plus de temps libre pour lui écrire. Comprendre ce qui s’est passé avec Mathieu est impossible.

Peut-être que mes sentiments envers lui étaient plus forts que je ne le croyais, mais je dois me faire une raison et me tourner vers d’autres horizons.

A la prochaine,
Claire

Lettre découverte des années plus tard

En rangeant le grenier je suis tombée sur une vieille boîte à chaussure dans laquelle j’avais mis toutes les lettres que Mathieu m’avait écrites. Pleins de vieux souvenirs ont surgi dans ma mémoire et j’avais une telle envie de relire les lettres qui résumaient si bien une partie de mon passé si cher, que je me suis précipitée sur la boîte. En triant les lettres, j’en ai découvert une qui n’a jamais était lue. L’enveloppe était fermée et le papier était toujours aussi crispé que le jour où elle est arrivée. Avec beaucoup de soin, de tendresse et d’anticipation j’ai doucement décollé le dos de l’enveloppe pour le préserver intact. J’ai délicatement sorti ce bijou de sa cachette. En lisant, je me suis effondrée en larmes car là-dedans pour la première fois, Mathieu m’avait déclaré son amour. Moi, qui ai toujours pensé qu’il ne voulait qu’une amitié en partage et non l’amour, je venais de découvrir que j’avais loupé l’opportunité de ma vie. Mathieu vient juste de se marier selon Anne. Sa femme est la plus chanceuse du monde ; je ne leur souhaite qu’une vie de bonheur. Que leurs misères soient peu et leurs moments de bonheur nombreux. Au revoir Mathieu, toi, mon premier amour et ma seule âme sœur.

FIN

Sites Web répertoriés

Sharon

www.bonjourdefrance.com

www.bbc.co.uk/languages/french/index.shtml

http://www.bbc.co.uk/languages/french/french_cool/ (argot)

www.ur.se/chloe/frame.html (Une histoire qui se passe à Paris. Excellent pour tous les niveaux, surtout pour les débutants)

www.momes.net/comptines (expressions d’argot comme : super, méga, trop bien, l’histoire est gentillette, ben t’habites où ? mékefer = mais que faire)

http://www.mots-croises.ch

www.tv5.org

www.pubstv.com

http://bbc.co.uk.

www.alalettre.com (très littéraire)

www.atilf.fr (scientifique)

www.smartweb.fr (Paris)

www.babar.com

www.pacmuseum.com (une épave –je n’arrive pas à jouer)

www.magixl.com/caric (le corps, caricature robot homme)

www.bande-dessinee.org

http://humour.carambar.free.fr/rire.html

www.asterix.com

www.bdcentral.com

www.wikipedia.com

www.fr.ca.encarta.msn

www.viamichelin.com

www.ariane6.com (moteur de recherche pour rechercher sur des sites francophones)

www.babar.com

www.tintin.com

www.tf1.fr

www.tf2.com

www.heinle.com

www.paroles.net (chansons)

http://platea.pntic.mec.es/~cvera/hotpot/chansons/

www.quia.com

www.google.fr (pour chercher des expressions comme si+imparfait Þ mettre l’expression entre guillemets « »)

www.clicweb.fr (dessins, humour, gags, animations)

www.jememarre.com

www.rigoler.com

www.wordreference.com

www.becassine.com

www.altavisions.com

www.bnf.fr

http://laits.utexas.edu/tex/ (Tex’s French grammar—in google)

http://www.edufle.net/article123.html (simulation globale)

http://trans.voila.fr/voila (traduction)

FIN

Sites Web répertoriés

Kevin

Language/Grammar

http://www.framingham.edu/faculty/mmahler/Patenotte/ (site created by my French writing teacher here in Aix) The actual work that we are doing now is found here: http://www.framingham.edu/faculty/mmahler/Patenotte/Aix/Ecriture/page_titre/ecriture.htm (from this page you can see tons of great links, many of which are noted below)
http://www.framingham.edu/faculty/mmahler/Patenotte/Aide/Grammaire/Grammaire.htm (Here is Laurent’s grammar portion of the above web site and is quite informative. Check out the links at the bottom of the page for propositions avec quand to get an idea of concordance de temps/ If you look at phrase D1 you’ll get a sample sentence that uses the plus-que-parfait to express a habitual action in the past that finished before another past action. This was something new for most of the professors) The propositions avec si also teaches you everything that you ever wanted to know about the subject. This is post AP level grammar)
http://www.framingham.edu/faculty/mmahler/Patenotte/Aide/Grammaire/Grammaire.htm (Here is Laurent’s grammar portion of the above web site and is quite informative. Check out the links at the bottom of the page for propositions avec quand to get an idea of concordance de temps/ If you look at phrase D1 you’ll get a sample sentence that uses the plus-que-parfait to express a habitual action in the past that finished before another past action. This was something new for most of the professors) The propositions avec si also teaches you everything that you ever wanted to know about the subject. This is post AP level grammar)

http://www.lepointdufle.net/prorelat.htm
http://www.laits.utexas.edu/tex/index.html (awesome site for grammar and videos)
http://www.laits.utexas.edu/fi/ (this is the UT site that accompanies the grammar section)
http://www.bbc.co.uk/languages/french/experience/get_around/index.shtml (buying a train ticket from BBC) There are plenty of other interesting activities by going to the homepage)
http://platea.pntic.mec.es/%7Ecvera/hotpot/denzey_existais.htm
http://platea.pntic.mec.es/%7Ecvera/hotpot/lenorman_president.htm
http://platea.pntic.mec.es/%7Ecvera/hotpot/badi.htm

(to review si clauses with songs)

http://platea.pntic.mec.es/%7Ecvera/cine/cinema/julesetjim.htm (to review pc/imp with songs)

http://platea.pntic.mec.es/%7Ecvera/hotpot/exos/index.htm (index to the site containing the song exercises above. There is a wealth of information here, and it’s worth trying to copy the site to a hard drive. I’ll try to figure this out when I return to school)
http://www.xtec.es/%7Esgirona/fle/subjonctif_index.htm (subjunctive)

http://platea.pntic.mec.es/%7Ecvera/cine/index.htm (using cinema with grammar)
For example, Amelie et ce qu’elle aime (http://platea.pntic.mec.es/%7Ecvera/cine/cinema/amelie.htm )

http://www2.wheatonma.edu/Academic/AcademicDept/French/ViveVoix/Home.html (poetry read aloud, including le Pont Mirabeau read by Apollinaire)

http://dictionnaire.tv5.org/ (dictionary)
http://www.aidenet.com/scolaire/ (good spelling site, mentions recent changes to French spelling)

http://www.academie-francaise.fr/langue/orthographe/plan.html (rectifications de l’orthographe de la langue française) Interesting to see the recommendations of the Academie. Look at the list of words borrowed from other languages.
http://www.academie-francaise.fr/langue/orthographe/graphies.html#graphies


Phonetics


http://courseweb.edteched.uottawa.ca/Phonetique/pages/phonetique/intro.htm (website for understanding pronunciation, created by my pedagogy oral professor here in Aix. This is something that I need to include in my curriculum from French 1 to AP)

http://lexiquefle.free.fr/
History/ Politics
http://classes.bnf.fr/ (good research site) Check out for example what is available on enfance au moyen age: http://classes.bnf.fr/ema/index.htm ( many of the videos can be saved with quicktime pro for mac)
http://www.elysee.fr/elysee/recherche.28775.html (use this page to see how and how often certain words are used by the French president. The same exists for the American president: http://www.whitehouse.gov/
http://www.bva.fr/new/archives.asp# (pour les sondages) For example, put in the word « value » and see how they are used in surveys. Then compare with the above elysee sight on how often words are used by the president.
http://www.ipsos.fr (for more surveys, subscribe to get French surveys sent to you)
http://www.ifop.com/europe/index.asp (more surveys: go to the homepage for links to Spanish speaking surveys as well)

Music

http://www.paroles.net/ (French songs)

Media

www.liberation.fr (check out the section, depeches, for news bulletins)
http://www.pubstv.com (international commercials)
http://www.romandie.com/news/infographie/ (interactive news)

http://www.rfi.fr/fichiers/langue_francaise/languefr/francais_facile.asp (les infos en français facile)
http://www.infosjeunes.com

Miscellaneous

www.tintin.com (it has a section on video clips worth exploration)
www.momes.net (to set up penpal exchanges, etc.)
http://humour.carambar.free.fr/ (interesting site for jokes)
http://www.carambar.fr/
www.tv5.org (courts métrages à la carte, talents Cannes 2004, « j’ai mal, j’ai peur, je meurs.»)
www.bonjourdefrance.com
http://web.mit.edu/french/culturaNEH/ (this gives an idea of how the same word can evoque different associations for the French compared to the US. Go to section Questionnaire.)
http://e-catalog.thomsonlearning.com/150l/ (look for the text, Interactions, and the page with related links. I use this for my AP class.

http://babelnet.sbg.ac.at/canalreve/bravo/module7/1.3.html (learning about the weather)

http://babelnet.sbg.ac.at/canalreve/bravo/index2.htm (the bigger Didier publishing site with plenty of interesting audio/visual clips.

http://www.meteofrance.com/FR/pedagogie/dossiers_thematiques/index.jsp (pour mieux comprendre la météo)

http://www.dicofr.com/ (good for understanding tech words)

http://www11.mappy.com/ (similar to mapquest)

http://wge.pagesjaunes.fr/pj.cgi? (also similar to mapquest with images of streets)

http://www.pomverte.com/Acctheme.htm (thematic vocabulary with games/ exercises)

http://www.toutelatele.com/article.php3?id_article=4717 (popular TV show for the summer, showing the French affection for la Bretagne)

http://www.espacefrancophone.org/en/audiovisuel/inscription.htm (I have used this service in the past and it is awesome. It’s a great way to get videos)

http://www.altivisions.com/accueil.html

http://site.voila.fr/elsa_landauer (a letter written by a victim of the holocaust)

http://www.hachette-education.com/hachette_education/html/acc/acc00_prehome_f.html (good pedagogy source)

http://cafe.rapidus.net/geolebel/francais.htm (various French links)

http://www.polarfle.com/liens.htm (more cool links)

http://lexiquefle.free.fr/ (interactive vocabulary, includes a rollover map of Europe) I like this site.

http://peinturefle.free.fr/ (use paintings to work your vocabulary)

Films à voir

L’Esquive